Un frôlement de doigt tout au long de ma joue,
Un parfum délicat qui vole autour de nous,
Un silence complice à peine teinté de fièvre,
Et un sourire qui plisse le coin de tes lèvres.
Nos corps l’un contre l’autre au milieu de la foule
Des passants anonymes formant comme une houle
Une marée mouvante qui autour de nous coule
Comme tes larmes limpides sous la joie qui te saoule.
Je pose sur ta taille mes mains de baladin
Tombant bas la muraille forgée de nos Destins,
Glissant sous ton chandail, mes doigts se font taquins,
Et partent lire en braille la chute de tes reins.
Tu goûtes à mon oreille, tout en lui murmurant
Mille et une merveilles ou mille et un tourments
Tortures sans pareilles, érotiques moments,
Que les mots de tes mails décrivaient également.
Nos bouches enfin se frôlent, gourmandes de leur absence,
Nos lèvres batifolent, balbutiant leur romance,
Nos baisers déboussolent nos âmes et nos sens,
Nos cœurs se cambriolent après tant d’impatience
L’étreinte nous isole et arrête le temps,
Le chant des barcarolles s’interrompt en suspens,
Ce premier rendez-vous se grave dans nos mémoires
Et d’autres instants fous s’annoncent en exutoires.