Dans le cœur de l’horloge, les rouages du temps
Si prompts à faire tomber la neige dans mes cheveux,
A faire s’appesantir sur moi le poids des ans,
Paraissent filer vite, comme s’embrase le feu.
Et mes jours et mes nuits, en cadences infernales,
Font défiler ma vie comme un claquement de doigts,
Dans le grand sablier file et file le sable,
Comme l’eau qui arrive, tourbillonne et s’en va.
La trotteuse s’agite irrémédiablement
Animée de vie propre, plus rapide qu’un éclair,
Avec vélocité elle parcourt le cadran
Sans jamais arrêter sa course circulaire.
Mais lorsque je regarde du côté de tes yeux,
Impatient de serrer ton corps contre le mien,
De rapprocher nos cœurs, de nous faire des aveux,
Le ciel semble figé, le moment si lointain.
Les heures deviennent jours et les jours des années
Tout semble ralenti, tout semble s’arrêter,
Rendez-vous immobile qui paraît s’échapper,
Pour lequel il me tarde de te retrouver.